Aurore Koechlin

auroreSociologue
aurore.koechlin@free.fr

Doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Cetcopra, ED philosophie)

 

Titre de la thèse : Les mobilisations professionnelles et politiques autour d’une spécialité de la santé des femmes, la gynécologie médicale.

Date de début : septembre 2015

Directeur de thèse : Thierry Pillon (Université Paris 1)

Contexte et problématique

La gynécologie médicale est la spécialité médicale à laquelle est principalement confiée la prise en charge de la contraception et de l’avortement suite à leur légalisation en 1967 et 1975. Cette spécialité médicale qui est une particularité française (elle n’existe ainsi indépendamment de l’obstétrique qu’en France), qui a fait l’objet d’importantes mobilisations professionnelles suite à sa suppression en 1984 puis à son rétablissement en 2003, et qui est en outre la branche principale de la médecine consacrée aux femmes, jouant donc un rôle central dans la production et la reproduction du genre, n’a pourtant été que peu étudiée, aussi bien en histoire qu’en sociologie, à l’exception du travail de Laurence Guyard sur la consultation gynécologique (Guyard, 2008). Il s’agit donc pour moi d’une part de re-situer la gynécologie médicale dans une histoire qui n’a pas été faite sans moments de contradiction, d’institutionnalisation puis de remise en question, et de l’autre d’observer concrètement ses effets, par le prisme des pratiques contemporaines de la gynécologie médicale. Mon point d’entrée est celui des mobilisations politiques et professionnelles dont elle a fait et continue de faire l’objet depuis sa création dans l’entre-deux-guerres. Je considère ainsi la gynécologie médicale non pas uniquement comme une spécialité médicale exercée par des professionnels, mais comme un ensemble de savoirs et de pratiques que se partagent plusieurs professions (gynécologues, sages-femmes, généralistes, travailleurs sociaux) et plusieurs groupes sociaux (patientes, féministes, groupes de réflexion autour de la santé des femmes), qui n’ont pas tous la même conception de ce que devrait être la gynécologie, ce qui entraîne des mobilisations et des luttes autour de ces enjeux. Ma problématique est de savoir si la fonction sociale de la gynécologie médicale a évolué au cours du XXème siècle et si elle varie en fonction des caractéristiques sociales des patientes à qui elle s’applique.

Axes d’analyse

Le premier est un axe socio-historique, qui vise à retracer l’histoire de la gynécologie médicale depuis sa création dans l’entre-deux-guerres (marquée en 1931 par la création de la Société Française de Gynécologie), en m’attardant surtout sur la deuxième moitié du XXème siècle, et en montrant comment cette histoire est liée aux mobilisations tant politiques (et notamment féministes) que professionnelles dont elle a fait et continue de faire l’objet. Le second est un axe ethnographique avec entretiens et observations des pratiques concrètes contemporaines de la gynécologie médicale, à la fois en contexte médical (avec comparaison entre la Seine-Saint-Denis et Paris, en cabinet et à l’hôpital) et hors du contexte médical (pratiques d’auto-gynécologie).

Publications

Carbonell Juan Sebastian, Koechin Aurore, Palheta Ugo, Ravelli Quentin, 2019, « Les angles morts de Pierre Bourdieu », in Burawoy Michael (dir.), Conversations avec Bourdieu, Éditions Amsterdam, Paris, France.

Koechlin Aurore, 2019, La révolution féministe, Paris, France, Éditions Amsterdam, 168 p.

Koechlin Aurore, 2019, « L’auto-gynécologie : écoféminisme et intersectionnalité », Travail, genre et societes, n° 42(2), p. 109‑126.