Leslie Fonquerne

leslieSocio-anthropologue
leslie.f.31@hotmail.fr

Docteure en sociologie à l’Université Toulouse Jean Jaurès (CERTOP, TESC)

 

Thèse (soutenue le 08 novembre 2021)

(Faire) Avaler la pilule. Une sociologie des prescriptions et des usages d’une contraception « en crise ».

Directrices de thèse : Stéphanie Mulot (CERTOP, UT2J) et Julie Jarty (CERTOP, UT2J)

Résumé

Cette thèse interroge les prescriptions et les usages de contraception orale dans un contexte marqué par « la crise de la pilule ». Si lors de la légalisation de la contraception en France, les pilules incarnaient un symbole d’émancipation pour les femmes, elles deviennent, cinquante ans plus tard, objets de méfiance d’ordre sanitaire et social, toujours plébiscités.

À la croisée de la sociologie du genre et des professions et de la socio-anthropologie politique de la santé, trois niveaux d’analyse sont articulés : l’étude de parcours contraceptifs (niveau micro social) ; l’impact des normes médicales et de genre sur les pratiques contraceptives et médicales (niveau méso) ; et la prise en compte de logiques biopolitiques (niveau macro). Des entretiens ont été menés selon les principes d’une étude longitudinale auprès de jeunes femmes usagères de contraception orale, de leurs mères et partenaires et de professionnel·le·s de santé, habilité·e·s à prescrire ou délivrer une contraception. Une centaine de consultations médicales et gynécologiques ont été observées, dans des structures publiques et privées.

Les analyses par codifications thématiques et études de cas ont mis en évidence une typologie de pratiques de soin (allopathiques dominantes, sensibilisées, alternatives) plus ou moins enclines aux violences gynécologiques et pouvant freiner la remise en question de la centralité des pilules dans la « norme contraceptive ». L’étude des perceptions de la contraception par l’ensemble de la population d’enquête révèle une corrélation hiérarchique entre les méthodes contraceptives (plus ou moins marginalisées), les praticien·ne·s qui les recommandent et les profils des usagères.

***

Autres activités scientifiques

01-31 août 2019 : Séjour de recherche à la Universidad de la República de Montevideo (Uruguay) dans le cadre du projet INCASI (International network for compared analysis of social inequalities)

2015-aujourd’hui : Membre d’Arpège (réseau genre pluridisciplinaire à Toulouse)

2015-2018 : Membre d’EFiGiES Toulouse (organisation d’ateliers, de journées d’études et de colloques, réactions de compte-rendus d’activités)

Publications dans des revues à comité de lecture

Fonquerne Leslie, 2021, « ‘C’est pas la pilule qui ouvre la porte du frigo !’ Violences médicales et gynécologiques en consultation de contraception », Santé Publique, Vol. 33, n° 5, p. 663-673.

Fonquerne Leslie, 2021, « Être (re)connue dans la pharmacie : délivrance d’une contraception « en crise » en France et contournement de l’autorité (para)médicale », Enfances, Familles, Générations, n°38.

Fonquerne
Leslie, 2020, « À qui faire avaler la pilule ? Pratiques de soin et inégalités en consultations de contraception », Émulations – Revue de sciences sociales, no 35‑36, p. 65‑79.

Le Guen Mireille, Roux Alexandra, Rouzaud-Cornabas Mylène, Fonquerne Leslie, Thomé Cécile, Ventola Cécile pour le Laboratoire junior Contraception&Genre, 2017, « Cinquante ans de contraception légale en France : diffusion, médicalisation, féminisation », Population et Sociétés, 549, p. 1‑4.

Autre publication

Fonquerne Leslie, Zeller Justine, 2018, « Mémoires et actualités de la contraception et de l’avortement en France », Mondes sociaux, 5 mars 2018.