Anne-Charlotte Millepied

anaisSociologue
annecharlotte.millepied@yahoo.fr

Doctorante en sociologie à l’EHESS (IRIS), en cotutelle avec l’Université de Genève (Institut des Etudes Genre)

 

Titre de la thèse : Les mondes de l’endométriose. Sociologie des relations corps, sexualité et médecine au prisme des rapports de genre

Date de début : 2016

Directeur·trice de thèse : Michel Bozon (Ined) et Delphine Gardey (Unige)

Résumé

Cette thèse en sociologie et en études de genre porte sur les mondes de l’endométriose en France. Elle vise d’abord à retracer l’histoire médicale et sociale de la maladie depuis le début du 20e siècle, et mobilise en ce sens une approche en termes de segments professionnels, de mondes sociaux et d’analyse des controverses scientifiques. A cette perspective historique s’ajoute une perspective proprement sociologique qui se focalise d’un côté sur le monde médical et de l’autre sur l’expérience des personnes atteintes par cette maladie. Je mène une enquête de terrain en milieu hospitalier qui s’organise autour de l’observation ethnographique des différentes étapes de la prise en charge, et d’entretiens avec des professionnel.lle.s de la santé. J’appréhende les « carrières » des personnes atteintes d’endométriose et leur expérience quotidienne de la maladie à travers la réalisation d’entretiens approfondis et d’une enquête par questionnaire. Ce travail vise à établir une compréhension globale de cette maladie chronique encore méconnue et sous-estimée alors qu’elle concerne entre 10 et 20% des femmes en âge de procréer. Cette recherche se situe ainsi à l’intersection de la sociologie des sciences, des techniques et de la médecine, et de la sociologie du corps, de la sexualité et des rapports de genre.

Je m’interroge sur les mécanismes de production et de reproduction de l’ignorance autour de cette maladie « découverte » dans la seconde moitié du 19e siècle, qui fait l’objet aujourd’hui d’un retard de diagnostic de 7 à 10 ans. Cela m’amène notamment à questionner le rôle des normes de genre dans le façonnement social de cette maladie et le parcours des femmes qui en sont atteintes, en ce qui concerne par exemple les attitudes sociales envers les menstruations ou et envers les douleurs des femmes en général et gynécologiques en particulier. Une partie importante de mon travail s’intéresse à la sexualité, en raison des répercussions importantes de l’endométriose sur la vie sexuelle, à la prise en charge de l’infertilité (1/3 des femmes infertiles souffrent d’endométriose), ainsi qu’aux questions contraceptives. Appréhender le soin et le vécu de l’endométriose par le prisme de la contraception permet de questionner les différents scripts inscrits dans l’objet technique qu’est la contraception hormonale. En effet, dans le cadre de l’endométriose, c’est la contraception hormonale – le plus souvent la pilule – qui fait office de traitement médical. On peut alors s’interroger sur les situations dans lesquelles différentes significations sont données à la pilule et sur les scripts d’utilisation qui en découlent.

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