Mariana Rios Sandoval

riosAnthropologue
mariana.riossandoval@cnrs.fr

En post-doctorat au Cermes3

 

Activités de recherches

Mon travail se situe à l’intersection de l’anthropologie et des Sciences and Technology Studies (STS), avec un intérêt marqué pour la collaboration avec les artistes, comme méthodologie de recherche et comme moyen de rendre la recherche accessible au-delà du milieu académique.
Je m’intéresse à l’étude des produits chimiques en tant qu’objets ethnographiques, à l’appréhension affective et incarnée de la crise environnementale et aux intersections de la justice environnementale et de la justice reproductive.
Avant de rejoindre le Cermes3, j’ai obtenu un doctorat en anthropologie à l’Université d’Amsterdam sur les mobilisations des jeunes autour de la toxicité du quotidien – souvent évoquée comme la présence de perturbateurs endocriniens dans des produits d’usage courant – dans une douzaine de villes en France.

Avant d’entreprendre mon projet de doctorat, j’ai mené des recherches sur les transformations historiques et anthropologiques des modèles d’attention à l’accouchement au Mexique ; sur la masculinité et la paternité engagée à Mexico ; sur diverses questions relatives à l’accès à l’avortement au Mexique ; sur le mariage et la grossesse chez les adolescentes au Nicaragua, au Mexique et au Honduras ; et en tant que chercheuse junior sur la circulation publique des connaissances de la recherche en génomique humaine au Mexique dans le cadre du projet de l’ERC basé à Manchester « Admixture, race et nation« , une expérience qui m’a beaucoup appris sur les intersections entre la science, la politique, le genre, la race et la construction de la nation.

Projet postdoctoral

Si la pilule reste la méthode contraceptive la plus prescrite en France, depuis le début des années 2000, de plus en plus de femmes s’en détournent pour gérer leur fécondité.

Cette évolution est lourde de sens : elle signale une crise de la méthode contraceptive qui est le socle du modèle contraceptif français depuis plus de cinquante ans, dont l’accès est encore collectivement regardée comme une victoire emblématique du mouvement féministe de la deuxième vague. Elle attire également l’attention sur un paysage contraceptif en pleine mutation, moins dépendant des hormones de synthèse. Quelques raisons ont été avancées pour expliquer la perte de popularité de la pilule, notamment les controverses autour des effets secondaires associés aux pilules de 3e et 4e générations, des inégalités sociales accrues qui pourraient se traduire par de nouveaux obstacles à l’accès aux méthodes contraceptives, et le nombre croissant de femmes qui s’opposent à l’utilisation de la pilule pour des « raisons environnementales ».

Mon projet post-doctoral actuel vise à explorer ces raisons environnementales et la manière dont les femmes les intègrent dans leurs pratiques contraceptives. Je me concentre particulièrement sur les jeunes féministes de différents courants, car elles sont à l’avant-garde des réflexions, des nouveaux discours et des pratiques autour de la contraception et des questions qui les façonnent fortement : le genre, la sexualité, la classe, la race, le pouvoir et, plus récemment, les questions environnementales.

Thèse

There is politics in your shampoo. On youth activism, endocrine disruption, and making everyday toxicity visible in France

Abstract

This ethnographic research is about young people navigating toxicity in a time of environmental crisis. It pays a close and attentive look at what a growing number of youths are doing in France in order fight toxicants off their bodies and living spaces. To keep toxicants at bay, young people in this study make their own cleaning products, replace plastic with glass, quit taking contraceptive pills, cook pesticide-free meals, and engage in environmental activism, both online and through grassroots theatre and workshops. Collective and individual practices eloquently reflect young people’s understandings of everyday toxicity—often articulated as the presence of endocrine-disrupting chemicals (EDCs)—and of its differential distribution through things, bodies, places, and time. By doing this, youths counter the invisibility of toxicants like EDCs, making everyday toxicity into a tangible, graspable problem, a problem about which
something can and should be done.

Publications

 

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