Justine Chaput

DémographePhoto_2021.01
justine.chaput@protonmail.com

Doctorante à l’Ined (UR14 – Santé et droits sexuels et reproductifs) et à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (Cridup)

Titre de la thèse : Avorter hors du délai légal d’IVG en France : conditions d’accès et recours à l’IMG

Début de la thèse : Octobre 2020

Directrices de thèse : Magali Mazuy (Ined) et Armelle Andro (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

Sujet de thèse : Lorsqu’une femme souhaite mettre un terme à sa grossesse, le cadre légal français lui permet de le faire sans justification jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée. Une fois ce délai dépassé, il reste trois possibilités : recourir à une interruption médicalisée de grossesse (IMG), avorter à l’étranger, ou bien continuer la grossesse et alors accoucher sous le secret ou reconnaître la filiation. Les trois dernières options ne permettent pas de répondre à la demande d’avortement sur le territoire français. En étudiant (1) l’ampleur et les variations territoriales et temporelles de l’offre, de la demande et du recours à ce soin, (2) le profil socio-démographique des femmes qui y ont – ou non – recours et (3) les dynamiques en jeu lors de la décision et de la procédure l’avortement, cette recherche s’intéresse aux avortantes exclues de l’IVG en France. La mobilisation de plusieurs types de données (associatives, administratives et médicales) et leur analyse par des méthodes quantitative et qualitative fourniront une compréhension large de cette pratique.

Publications :

Chaput, Bracq et Mazuy, « Inégalités territoriales d’accès à l’IVG : qu’en est-il en France ? », AOC , 2022.

Blanco-Cazeaux et al. , « Le renoncement aux soins des chômeurs en France », Population , 2022.

Chaput, « Irlande : comment les femmes témoignaient en ligne de leur avortement avant la légalisation en 2018 », The Conversation, 2022.

Chaput, Raconter son avortement. Apports des récits de résidentes Irlandaises publiés sur Facebook, mémoire de Master 2 sous la direction d’Armelle Andro (Cridup) et Magali Mazuy (Ined), 2020.

 

Claire-Emmanuelle Block

1533906_898525823493755_579719646607718281_nHistorienne
blockclaireemmanuelle@gmail.com

Doctorante à l’Université Rennes 2 (Arènes)

 

Titre de la thèse : De la branche de céleri au misoprostol : avorter dans la clandestinité au Chili des années 1960 à nos jours.

Début de la thèse : septembre 2021

Directeur de thèse : Luc Capdevila (Université Rennes 2, Arènes)

Sujet de thèse

Au Chili, depuis 2017, la loi permet aux femmes d’avorter sous trois conditions – lorsqu’il existe un risque pour la santé de la mère ou du fœtus et en cas de grossesse après un viol – mais l’avortement « libre, sûr et gratuit » réclamé par les mouvements féministes n’a jusqu’à présent jamais été une réalité dans le pays. En Amérique latine, l’avortement reste très largement interdit et criminalisé et se trouve au centre d’intenses débats dans de nombreux pays, à l’image de l’Argentine ces dernières années ou du Chili d’aujourd’hui dans le contexte de la rédaction d’une nouvelle Constitution par une assemblée constituante.

L’objectif de cette recherche est de replacer cette question dans le temps long, de manière à historiciser un enjeu politique et social extrêmement vif et contemporain. Il s’agit ainsi de faire une étude de l’avortement au Chili des années 1960 à nos jours, période au cours de laquelle l’avortement est pénalisé et est donc pratiqué clandestinement, exposant les femmes à des risques pour leur santé ainsi qu’à des sanctions pénales. Il n’est pas question de réaliser une histoire des politiques publiques ni des mouvements politiques mais une histoire de la vie privée, une histoire du corps, une histoire par le bas, au plus près des actrices de cette histoire. Cette recherche propose donc de se demander comment les femmes chiliennes ont avorté illégalement, quelles sanctions elles ont encouru, conjointement aux avorteurs et avorteuses, et quelles ont été les représentations des individus participant à la réalisation de cet acte, des années 1960 à nos jours.

Cette recherche s’inscrit dans une perspective socio-historique qui croise enquête ethnographique et travail d’archive en se concentrant sur trois terrains chiliens qu’il s’agit d’étudier dans une perspective comparatiste : Santiago, Antofagasta et Temuco. Elle se situe à la croisée des études de genre, d’une histoire sociale et culturelle, d’une socio-histoire du corps, des techniques et des savoirs médicaux.

Gabriela Del Salto

gabrielaSociologue
gabidelsalto@gmail.com

Doctorante à l’Université Paris Nanterre (Cresppa GTM)

 

Titre de la thèse : Le misoprostol dans les expériences d’avortement subies chez les femmes équatoriennes. Entre savoir biomédical et expertise profane.

Date de début : 2018

Directrice de thèse : Carole Brugeilles (Université Paris Nanterre, Cresppa GTM)

Sujet de thèse

À partir d’une approche ethnographique, ma thèse a pour but d’apporter des éléments sur l´utilisation du misoprostol dans les pratiques d´avortement en Équateur. En ce sens, le projet cherche à identifier dans un contexte de restriction légale, quelle est la place de l’avortement médicamenteux dans la gestion des grossesses non désirées et à discerner s´il s´agit d´une alternative à l´avortement à risque et d´un moyen pour contourner la sanction morale et pénale. En effet, la loi restrictive n´empêche pas le recours à l´avortement, les données attestent d’une pratique très courante qui confronte les femmes et leurs décisions d’interruption de grossesse, à diverses procédures clandestines, dont la sécurité dépendra de leur appartenance ethnique et de leur capital socio-économique. En ce sens, les complications liées aux avortements à risques, tels que la morbidité et la mortalité, ainsi que les procédures pénales et les condamnations touchent principalement les femmes précarisées et racisées. Dans ce contexte, cette recherche vise à situer d’une part, le caractère « métonymique » du misoprostol qui confère des possibilités d’utilisation totale hors de tout contrôle médical (Baxerres, 2018) et d’autre part, à analyser les pratiques d’avortement démédicalisées pour comprendre dans quelle mesure la réappropriation d´un savoir-faire scientifique et biomédicale par les femmes comporte  des mécanismes  d´ « agency » et d’autodétermination contre le pouvoir juridique, médical et moral qui régule le corps et la sexualité des femmes. Ainsi, cette thèse a pour but de saisir l´articulation de deux parcours biographiques dans la gestion de la grossesse non désirée : celui des femmes et celui du misoprostol où les récits des trajectoires de fécondité, de contraception et d´avortement chez les femmes contribuent à mettre leurs expériences en lien avec les récits de fabrication, circulation et distribution d´une molécule qui a rendu possible l’appropriation et la transmission des savoirs experts et des expertises profanes.

Publications

Rim Bellamine

rimDémographe
bellaminerim@gmail.com

Doctorante à l’université Paris Nanterre (Cresppa-GTM) et l’école des Hautes Etudes en Démographie

Titre de la thèse : Les trajectoires de vie des mères adolescentes au sein d’une métropole latino-américaine : l’exemple de Bogotá

Date de début : septembre 2020

Directeur·trice de thèse : Carole Brugeilles (Université Paris Nanterre/Cresppa-GTM) et Célio Sierra-Paycha (Université Paris 1/Cridup)

Sujet de thèse

En Colombie, alors que la fécondité est en baisse depuis les années 1960, la fécondité adolescente résiste à cette baisse et est de plus en plus visible dans la fécondité totale. Bogotá est un terrain d’étude pertinent pour ce phénomène : capitale et métropole en mouvement, elle est marquée par une intense circulation des individus et des normes parfois contradictoires, selon lesquelles la fécondité adolescente peut être perçue comme problématique ou non.

L’objectif de cette recherche est de saisir l’articulation entre la maternité adolescente, les trajectoires de vie et la ville de Bogotá, en tenant compte des normes, des rapports sociaux de genre, des projets de vie des mères ayant eu un enfant à l’adolescence et de leur position sociale et spatiale dans la ville. Il s’agira d’étudier à la fois les trajectoires familiales, résidentielles, scolaires, professionnelles et de santé de la reproduction (recours à l’offre de soins en santé sexuelle et reproductive, l’utilisation des moyens de contraception à l’adolescence puis au cours de la vie et les conditions de suivi des grossesses et des accouchements), en ajoutant une dimension spatiale incarnée par Bogotá. Qu’est-ce qu’ implique d’être une mère adolescente au sein de cette métropole ? Quels sont les différents types de trajectoires ? Comment les trajectoires de vie des mères adolescentes peuvent être influencées par les normes auxquelles elles sont exposées ?

Trois sources quantitatives et une approche qualitative seront mobilisées : l’Enquête Nationale de Démographie et de Santé de 2015, les enquêtes biographiques CEDE-ORSTOM (1993) et METAL (2009). Des entretiens semi-directifs seront réalisés avec des femmes ayant eu un enfant durant l’adolescente et avec du personnel médical dans les services de soins en santé sexuelle et reproductive.

Cette thèse s’ancre dans une approche à la fois biographique et intersectionnelle. Elle s’inscrit dans une sociologie des rapports sociaux de genre et de classe et une sociologie des normes sociales. Ces outils sociologiques permettent de saisir le sens que ces femmes donnent à leur grossesse et maternité précoce au cours de leur vie.

Publications

Rosanna Sestito

rosannaSocio-anthropologue, Sage-femme
sestitorosanna@yahoo.it

Doctorante en sociologie à l’Université Paris Nanterre (Cresspa GTM)

 

Titre de la thèse : Les « naissances glamour » en Iran : l’augmentation de l’accouchement par césarienne entre institutions médicales et pratiques quotidiennes

Date de début : 2020

Directrices de thèse : Carole Brugeilles (Université Paris Nanterre, Cresspa GTM) et Lucia Direnberger (Centre Maurice Halbwach)

Sujet de thèse

Ma thèse s’intéresse à l’accouchement par césarienne en Iran dans la région de Yazd dans une perspective socio-anthropologique.

Elle vise à analyser de quelle manière, depuis plusieurs années, une politique de natalité et de régulation démographique est mise en place dans ce pays avec la répression de l’avortement, la contraception payante et une forte propagande pour un accouchement par voie basse.

Ma recherche portera, en particulier, sur la manière dont les recommandations et normes temporelles concernant le suivi de grossesse et l’accouchement émises par les organismes de santé publique en particulier de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), et parfois imposées par les mêmes organismes de manière différent selon les pays, sont interprétées par les différent.e.s professionnel.le.s. Par la question de la césarienne, mon projet vise à analyser également les conceptions divergentes de l’accouchement. D’un côté il s’agit d’une conception qui vise à voir l’accouchement comme un processus physiologique et qui ne relève pas forcement d’une hyper-technicisation et hyper-médicalisation ; de l’autre, il s’agit d’une conception de l’accouchement et de la grossesse comme un état en soi dangereux et pathologique justifiant ainsi l’appropriation institutionnelle et la bio-médicalisation des parturientes en le ramenant à l’idée de l’instinct. Ces perspectives renvoient aussi à des modalités distinctes d’évaluation de l’accouchement, focalisées sur des critères quantitatifs ou qualitatifs, et questionnent la légitimité des politiques de santé maternelle de l’OMS face à l’augmentation de l’accouchement par césarienne. La perspective intersectionnelle post-colonialiste et la remise en cause des normes reproductives occupent une place importante dans la dimension politique de cette mise en discussion.

Mon projet s’inscrit dans la lignée de travaux de socio-anthropologie de la santé, dans une perspective critique de la biomédecine. D’autre part, je porte un intérêt particulier aux activités scientifiques et publications des études genre ainsi qu’aux études postcoloniales et à celles des féminismes du Sud.

Publications

Mariana Rios Sandoval

riosAnthropologue
mariana.riossandoval@cnrs.fr

En post-doctorat au Cermes3

 

Activités de recherches

Mon travail se situe à l’intersection de l’anthropologie et des Sciences and Technology Studies (STS), avec un intérêt marqué pour la collaboration avec les artistes, comme méthodologie de recherche et comme moyen de rendre la recherche accessible au-delà du milieu académique.
Je m’intéresse à l’étude des produits chimiques en tant qu’objets ethnographiques, à l’appréhension affective et incarnée de la crise environnementale et aux intersections de la justice environnementale et de la justice reproductive.
Avant de rejoindre le Cermes3, j’ai obtenu un doctorat en anthropologie à l’Université d’Amsterdam sur les mobilisations des jeunes autour de la toxicité du quotidien – souvent évoquée comme la présence de perturbateurs endocriniens dans des produits d’usage courant – dans une douzaine de villes en France.

Avant d’entreprendre mon projet de doctorat, j’ai mené des recherches sur les transformations historiques et anthropologiques des modèles d’attention à l’accouchement au Mexique ; sur la masculinité et la paternité engagée à Mexico ; sur diverses questions relatives à l’accès à l’avortement au Mexique ; sur le mariage et la grossesse chez les adolescentes au Nicaragua, au Mexique et au Honduras ; et en tant que chercheuse junior sur la circulation publique des connaissances de la recherche en génomique humaine au Mexique dans le cadre du projet de l’ERC basé à Manchester « Admixture, race et nation« , une expérience qui m’a beaucoup appris sur les intersections entre la science, la politique, le genre, la race et la construction de la nation.

Projet postdoctoral

Si la pilule reste la méthode contraceptive la plus prescrite en France, depuis le début des années 2000, de plus en plus de femmes s’en détournent pour gérer leur fécondité.

Cette évolution est lourde de sens : elle signale une crise de la méthode contraceptive qui est le socle du modèle contraceptif français depuis plus de cinquante ans, dont l’accès est encore collectivement regardée comme une victoire emblématique du mouvement féministe de la deuxième vague. Elle attire également l’attention sur un paysage contraceptif en pleine mutation, moins dépendant des hormones de synthèse. Quelques raisons ont été avancées pour expliquer la perte de popularité de la pilule, notamment les controverses autour des effets secondaires associés aux pilules de 3e et 4e générations, des inégalités sociales accrues qui pourraient se traduire par de nouveaux obstacles à l’accès aux méthodes contraceptives, et le nombre croissant de femmes qui s’opposent à l’utilisation de la pilule pour des « raisons environnementales ».

Mon projet post-doctoral actuel vise à explorer ces raisons environnementales et la manière dont les femmes les intègrent dans leurs pratiques contraceptives. Je me concentre particulièrement sur les jeunes féministes de différents courants, car elles sont à l’avant-garde des réflexions, des nouveaux discours et des pratiques autour de la contraception et des questions qui les façonnent fortement : le genre, la sexualité, la classe, la race, le pouvoir et, plus récemment, les questions environnementales.

Thèse

There is politics in your shampoo. On youth activism, endocrine disruption, and making everyday toxicity visible in France

Abstract

This ethnographic research is about young people navigating toxicity in a time of environmental crisis. It pays a close and attentive look at what a growing number of youths are doing in France in order fight toxicants off their bodies and living spaces. To keep toxicants at bay, young people in this study make their own cleaning products, replace plastic with glass, quit taking contraceptive pills, cook pesticide-free meals, and engage in environmental activism, both online and through grassroots theatre and workshops. Collective and individual practices eloquently reflect young people’s understandings of everyday toxicity—often articulated as the presence of endocrine-disrupting chemicals (EDCs)—and of its differential distribution through things, bodies, places, and time. By doing this, youths counter the invisibility of toxicants like EDCs, making everyday toxicity into a tangible, graspable problem, a problem about which
something can and should be done.

Publications